Le Burkina Faso produit d’importantes quantités de tomates fraîches, mais une grande partie était perdue après récolte en raison du manque d’unités de transformation locales. Pour remédier à cela, le pays a développé des usines modernes de transformation de tomates qui transforment les tomates fraîches en double concentré de tomate (pâte de tomate), un produit de base très consommé dans la cuisine ouest-africaine. Ces usines s’inscrivent dans l’Offensive agropastorale et l’entrepreneuriat communautaire par actionnariat populaire (mobilisation des citoyens pour financer des projets productifs). Les principales usines emblématiques

Société Burkinabè de Tomates (SOBTO) – Bobo-Dioulasso Localisation : Zone industrielle de Bobo-Dioulasso (région des Hauts-Bassins). Spécialité : Production de double concentré de tomate sous la marque A’diaa (« la saveur » en dioula). Capacité : Transformation de 100 tonnes de tomates fraîches par jour. Particularité : Première usine opérationnelle construite grâce à l’actionnariat populaire. Elle est considérée comme un symbole fort de souveraineté alimentaire et de valorisation locale.

Société Faso Tomates (SOFATO) – Yako (Pognongo) Localisation : Près de Yako, dans la région du Nord (à proximité du barrage de Dourou, zone de production de tomates). Spécialité : Transformation de tomates fraîches en concentré et autres produits dérivés. Capacité : Également 100 tonnes de tomates par jour. Particularité : Deuxième usine inaugurée peu après celle de Bobo-Dioulasso. Elle valorise directement la production locale du Nord du pays.

Forces et signification stratégique

Réduction des pertes post-récolte : Les tomates, très périssables, sont transformées rapidement en produit stable et commercialisable toute l’année. Création d’emplois : Chaque usine génère des centaines d’emplois directs (permanents et saisonniers) et des milliers d’emplois indirects (agriculteurs fournisseurs, transport, distribution). Substitution aux importations : Le Burkina Faso importe traditionnellement une grande partie de son concentré de tomate. Ces usines permettent de produire localement un produit de qualité « 100 % burkinabè », réduisant la dépendance extérieure. Actionnariat populaire : Modèle innovant où les citoyens (nationaux et diaspora) deviennent actionnaires, renforçant l’adhésion populaire et la souveraineté économique. Valorisation des zones de production : Les usines sont implantées près des bassins de production (Bobo-Dioulasso et Yako), créant un lien direct entre agriculteurs et industrie.

Ces usines de tomates symbolisent une industrialisation agro-endogène réussie : elles transforment une ressource agricole abondante en produit fini à forte valeur ajoutée, créent de la richesse locale et contribuent concrètement à la souveraineté alimentaire du Burkina Faso. Le concentré A’diaa (de SOBTO) est d’ailleurs devenu le premier produit phare de cette nouvelle génération d’industries communautaires.