L’art du cuir occupe une place importante dans le patrimoine artisanal du Burkina Faso. Hérité de traditions anciennes liées à l’élevage et au commerce, ce savoir-faire est transmis de génération en génération au sein de familles et de communautés d’artisans spécialisés. Il constitue à la fois une activité économique essentielle et une expression forte de l’identité culturelle locale.
Le travail du cuir est particulièrement développé dans plusieurs localités du pays. Kaya, dans la région du Centre-Nord, est largement reconnue comme l’un des principaux centres de la maroquinerie burkinabè, au point d’être souvent qualifiée de « cité du cuir ». Ouagadougou, à travers le Village Artisanal et de nombreux ateliers urbains, regroupe des artisans venus de différentes régions. D’autres villes comme Pouytenga, Dori, Bobo-Dioulasso ou certaines localités de la Boucle du Mouhoun jouent également un rôle important, soit dans la transformation du cuir, soit dans l’approvisionnement en peaux et en matières premières.
Cet artisanat est pratiqué par des artisans issus de diverses communautés, notamment dans des contextes où les métiers traditionnels sont organisés autour de savoirs familiaux. Les techniques utilisées reposent sur des méthodes manuelles : préparation et tannage des peaux, découpe, couture, gravure, teinture et finitions décoratives. Le travail s’effectue le plus souvent dans des ateliers ouverts, avec des outils simples, dans des conditions adaptées aux réalités locales et aux ressources disponibles.
Les artisans produisent une grande variété d’objets en cuir tels que des sandales, sacs, ceintures, portefeuilles, étuis, accessoires vestimentaires et objets utilitaires. Certains articles sont destinés à un usage quotidien, tandis que d’autres répondent à des fonctions culturelles ou symboliques liées aux pratiques sociales et traditionnelles. Aujourd’hui, l’art du cuir burkinabè évolue en intégrant des formes contemporaines, tout en conservant les techniques et l’authenticité qui font sa richesse.
L’art du cuir représente ainsi un patrimoine vivant, à la croisée de la tradition, de la créativité et de l’économie locale, contribuant durablement à la valorisation du savoir-faire burkinabè.







