Les Sculptures sur Granit de Laongo (également appelées Site des Sculptures de Laongo, Parc des Sculptures de Laongo ou Sculptures rupestres contemporaines de Laongo) forment l’un des ensembles artistiques en plein air les plus impressionnants et les plus visités du Burkina Faso. Situé à environ 25–30 km au nord-est d’Ouagadougou, dans la commune rurale de Saaba (province du Kadiogo, région du Centre), ce site unique s’étend sur plusieurs hectares d’un vaste chaos granitique naturel, où la roche affleure en blocs massifs, en dômes et en chaos rocheux. Histoire et genèse du site Le projet est lancé en 1989 par la Direction des Arts Plastiques et le Centre de Formation et de Perfectionnement en Arts Plastiques (CFPAP), sous l’impulsion du ministère de la Culture. L’objectif : transformer un paysage rocheux brut et jusqu’alors inexploité en un musée de sculpture en plein air accessible à tous. La première édition internationale de sculpture sur granit a lieu en 1990. Depuis, plusieurs symposiums internationaux ont suivi (1992, 1996, 2000, 2006, 2010, 2014, etc.), réunissant des sculpteurs burkinabè et d’une vingtaine de pays africains (Mali, Bénin, Togo, Ghana, Sénégal, Côte d’Ivoire, Cameroun, Congo, Niger, Tchad…) ainsi que quelques artistes européens et américains. Aujourd’hui, le site compte plus de 120 sculptures monumentales taillées directement dans la roche, certaines dépassant 5 à 6 mètres de hauteur. Description et caractéristiques Les œuvres sont réalisées in situ : les artistes choisissent un bloc naturel et sculptent directement dans la masse granitique (roche très dure, gris-noir ou rosée selon la lumière et l’angle du soleil). Aucune sculpture n’est déplacée ; elles naissent et restent à l’endroit même où elles ont été conçues. Les thèmes sont très variés et reflètent la diversité des artistes :
Figures humaines stylisées (femmes, guerriers, mères porteuses, couples, enfants, chefs traditionnels) Animaux symboliques (éléphants, crocodiles, lions, tortues, serpents, oiseaux, buffles) Scènes de la vie quotidienne (femmes pilant le mil, danseurs masqués, musiciens au balafon) Symboles abstraits ou cosmiques (spirales, cercles, masques géométriques, formes évoquant la fertilité ou l’unité) Messages engagés (paix, fraternité africaine, émancipation de la femme, protection de l’environnement)
Parmi les œuvres les plus photographiées :
Les éléphants géants qui semblent émerger de la roche La Mère et l’enfant monumentale Des guerriers mossi ou figures de chefs traditionnels Des masques stylisés inspirés des traditions bwa, lobi, mossi Des couples enlacés symbolisant l’union et l’harmonie
Le site est un véritable parcours de découverte : sentiers naturels, points de vue sur la plaine environnante, ombres et lumières changeantes qui animent les sculptures au fil de la journée. Signification et rôle contemporain Les Sculptures de Laongo incarnent :
La vitalité de l’art contemporain burkinabè et africain Le dialogue entre tradition et modernité : beaucoup d’œuvres reprennent des motifs de masques, de totems, de mythes ou de scarifications locales Le respect absolu de la nature : la roche n’est pas détruite, elle est sublimée Un symbole d’unité panafricaine : artistes de tout le continent y ont laissé leur signature
Le site est devenu un lieu touristique majeur autour de Ouagadougou, très apprécié des familles, des groupes scolaires, des photographes, des artistes et des touristes étrangers. Il est souvent inclus dans les circuits culturels de la capitale. Des visites guidées sont proposées, et le site accueille parfois des ateliers, des performances ou des événements culturels. Les Sculptures sur Granit de Laongo ne sont pas un musée classique : ce sont des géants de pierre nés du granite sahélien, des œuvres qui dialoguent avec le paysage, le vent et la lumière. Au Burkina Faso, marcher parmi ces sculptures, c’est assister à une conversation millénaire entre la roche brute et l’imagination humaine. C’est un lieu où l’art ne s’expose pas : il surgit, imposant et paisible, au milieu de la savane. Un joyau contemporain qui prouve que la créativité burkinabè sait transformer la dureté de la pierre en beauté éternelle.





