Le Flambeau de la Révolution est l’un des symboles les plus puissants et les plus chargés de mémoire du Burkina Faso, érigé en 1986 sous l’impulsion directe du Capitaine Thomas Sankara, père de la Révolution d’Août 1983. Inauguré le 1er août 1986 sur la Place de la Révolution (aujourd’hui Place de la Nation) au cœur d’Ouagadougou, ce monument architectural incarne l’esprit de résistance, de liberté, de progrès et d’unité nationale qui anima la période révolutionnaire sankariste (1983-1987). Description et symbolisme Le Flambeau de la Révolution est une structure monumentale en forme de torche ou de flamme stylisée, souvent décrite comme un flambeau géant dressé vers le ciel. Conçu comme un geste artistique et politique, il symbolise :

La flamme éternelle de la révolution : allumée pour ne jamais s’éteindre, elle représente les idéaux de justice sociale, d’autosuffisance, d’anti-impérialisme et de souveraineté que Sankara défendit. L’hommage aux héros tombés pour la patrie : elle commémore les martyrs de la lutte pour l’indépendance, la dignité et le progrès du peuple burkinabè. Le passage du flambeau : métaphore récurrente dans la rhétorique sankariste et post-révolutionnaire, elle évoque la transmission des idéaux aux générations futures (« maintenir allumé le flambeau »).

Situé en plein centre-ville, ce monument domine la place publique, entouré d’espaces verts et accessible à tous. Il est devenu un lieu de recueillement, de cérémonies officielles et de rassemblements populaires, particulièrement lors des commémorations du 15 octobre (date de l’assassinat de Sankara et de ses compagnons en 1987). Rôle contemporain et actualité Bien que la révolution ait pris fin tragiquement en 1987, le Flambeau reste un symbole vivant :

Il est régulièrement invoqué dans les discours patriotiques, notamment sous la Transition dirigée par le Capitaine Ibrahim Traoré (depuis 2022), qui a présidé plusieurs cérémonies au Mémorial Thomas Sankara où le « flambeau de la révolution » est symboliquement remis à la jeunesse ou à la nouvelle génération. Il inspire des initiatives comme le Mémorial Thomas Sankara (inauguré en mai 2025), qui intègre un « flambeau de la révolution » dans ses infrastructures pour perpétuer la mémoire et les idéaux. Il existe aussi un Ordre du Flambeau de la Révolution, une distinction honorifique burkinabè (avec ruban spécifique), récompensant les mérites civils ou militaires au service de la nation.

Aujourd’hui, le Flambeau de la Révolution n’est pas qu’un monument figé : c’est une flamme qui brûle dans la conscience collective burkinabè, rappelant que la lutte pour la souveraineté, la dignité et le progrès est un feu à entretenir. Au Burkina Faso, il incarne l’héritage sankariste : « La patrie ou la mort, nous vaincrons ! » – un appel éternel à ne jamais laisser s’éteindre l’esprit révolutionnaire.