Le Monument du 2 Octobre (également appelé Rond-point du 2 Octobre ou Place du 2 Octobre) est l’un des symboles les plus emblématiques de la Révolution sankariste au Burkina Faso. Situé au cœur d’Ouagadougou, à l’intersection des avenues Yatenga, Kadiogo et Larlé Naaba Abga (en face du lycée Marien N’Gouabi et en direction de la mairie centrale), ce monument historique trône sur un carrefour stratégique de la capitale. Histoire et inauguration Le monument a été érigé et inauguré le 2 octobre 1985, exactement deux ans après le Discours d’Orientation Politique (DOP) prononcé par le Capitaine Thomas Sankara le 2 octobre 1983 au Conseil de l’Entente (aujourd’hui Mémorial Thomas Sankara). Ce discours, véritable manifeste de la Révolution Démocratique et Populaire lancée le 4 août 1983, définissait la vision du Conseil National de la Révolution (CNR) : lutte contre l’impérialisme, l’analphabétisme, la corruption, la promotion du travail, de l’autosuffisance et de l’émancipation nationale. Commandité par la présidence du Faso et réalisé par l’artiste Hervé Bationo, le monument matérialise ce texte fondateur. Il reste un témoignage silencieux de l’ère révolutionnaire (1983-1987), période où le Burkina Faso (rebaptisé en 1984) chercha à rompre avec la dépendance et à bâtir une société plus juste. Description et symbolisme De type architectural et vertical, le monument mesure environ 4 mètres de hauteur. Il se compose d’un support métallique (ferraille) qui porte un livre ouvert en trois directions (ouvert sur les trois avenues principales). Sur le livre est inscrit en blanc : « Discours d’Orientation Politique ». Sur le tronc ou la base figure également l’inscription « 02 octobre ». Le livre symbolise :
La vision théorique du CNR et de Sankara, La transmission des idées aux générations futures, L’ouverture vers l’avenir et les trois artères urbaines qui irriguent la capitale, comme les principes révolutionnaires irriguent la nation.
Classé monument historique, il n’est pas une œuvre grandiose comme le Monument des Martyrs ou le Mémorial Sankara, mais un rappel discret et quotidien : chaque passant, chaque véhicule qui traverse ce rond-point est invité à se souvenir des engagements de 1983. Rôle contemporain Aujourd’hui encore, le Rond-point du 2 Octobre reste une boussole mémorielle pour les Burkinabè. Il évoque les valeurs sankaristes persistantes – patriotisme, intégrité, travail, solidarité africaine – et inspire les débats sur la souveraineté et la justice sociale. Il est souvent cité dans les discours patriotiques, les reportages historiques et les commémorations de la Révolution d’août 1983. Ce n’est pas un lieu de tourisme spectaculaire, mais un carrefour vivant où l’histoire se croise avec le quotidien. Au Burkina Faso, passer par le Monument du 2 Octobre, c’est effleurer du regard un chapitre fondateur : le jour où un jeune capitaine a tracé, en mots, la voie d’un pays qui voulait se lever et marcher dignement. C’est un rappel que les idées, comme les livres ouverts, ne meurent jamais tant qu’elles inspirent.





